11.11.2008
LES POILUS DE 14 - 18 ETAIENT-ILS TOUS HETEROS ?

Etrange question me direz-vous ? L’iconographie, cartes postales et autres illustrations dans les manuels scolaires nous représentent en effet toujours le poilu rêvant de sa Rosalie… mais il y avait statistiquement de nombreux homos parmi les combattants. Curieux, j’ai interrogé notre nouvelle pythie (google !) et obtenu des bribes de réponse qu’il nous faut selon la tradition antique interpréter:
Ainsi le musée canadien de la guerre écrit sur son site : Il y eut peu de cas d'homosexualité rapportés par les soldats dans leurs lettres et mémoires personnels, mais comme il s'agissait d'un crime punissable en vertu du droit militaire on n'en parlait probablement pas. (http://www.museedelaguerre.ca/cwm/exhibitions/guerre/frat...)
Plus loin une intéressante monographie universitaire de Régis Revenin intitulée : homosexualité et prostitution masculines à Paris 1870 – 1918 nous apprend que les militaires constituaient 5 % des homosexuels surveillés ou arrêtés par la police des mœurs (c’était plus que les coiffeurs !). Et de rappeler la descente de police à l’hôtel Marigny en 1918 où la police découvrit un certain Marcel Proust en compagnie de soldats.
Plus généralement l’armée comptait bien de nombreux homos et parfois au plus haut niveau (comment ne pas penser à Lyautey ?) et ces soldats ont combattu aussi courageusement que les autres dans cette terrible guerre civile européenne. Mais l’homosexualité était punissable et donc cachée. Et dans la société de l’époque, dans la presse, l’homosexuel (forcément efféminé) est présenté comme un traître potentiel.
Alors ne connaîtrons- nous jamais peut-être ces histoires qui ont tant compté dans les vies de ces hommes ? Connaissez-vous des ouvrages sur ce sujet ? L’auteur de ce blog serait très heureux d’en savoir plus…

10:39 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Il suffit de (re)lire le dernier volume de la "Recherche du temps perdu", le "Temps retrouvé" de Proust pour y découvir les bordels gays de l'époque, dans lesquels des ouvriers ou des soldats se vendaient aux messieurs plus fortunés. De manière générale, dans toute l'oeuvre, le Baron de Charlus a des relations notamment avec des militaires, et à la fin de l'oeuvre on découvre aussi que le plus beau des militaires, un officier, Saint-Loup, est homosexuel.
L'homosexualité n'était bien entendu pas absente des tranchées, elle était occultée et réprimée, comme tu l'exprimes fort bien ...
Luclebelge
Ecrit par : luclebelge | 11.11.2008
Encore un mot, as-tu consulté "Homosexualité et prostitution masculines à Paris (1870-1918)" de Regis Revenin.
L'auteur doit d'une manière ou une autre approcher ta question.
Luclebelge
Ecrit par : Luclebelge | 11.11.2008
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