19.06.2009
MONSEIGNEUR AILLET ET LA LESBIAN GAY PRIDE DE BIARRITZ
Communiqué de Mgr Aillet à propos de la « Gay Pride » de Biarritz
Le 20 juin va se tenir à Biarritz une "Gay Pride 2009". Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron réagit à cet événement et rappelle la conception de l’Eglise sur la famille.
L’organisation de la « Gay Pride 2009 » à Biarritz samedi 20 juin, ne peut que susciter mon indignation, comme elle suscite la réprobation de nombreuses familles et de nombreux habitants, quelles que soient leurs convictions religieuses.
En effet, la participation à cette manifestation des « Sœurs de la perpétuelle indulgence », association notoirement connue pour son anticatholicisme et ses provocations blasphématoires, constitue un véritable outrage pour la foi catholique et pour la vie religieuse qui caractérisent si fortement l’âme, la culture et les traditions du Pays basque.
L’Eglise entend défendre et promouvoir, en toutes circonstances, la famille fondée sur le mariage entre personnes de sexe différent ainsi que le droit de chaque enfant d’être élevé par un père et une mère.
Elle récuse, par conséquent, les revendications tapageuses dont la « Gay Pride » se fait l’écho au nom d’une infime minorité de nos concitoyens, mais elle respecte éminemment les personnes homosexuelles et compatit avec sollicitude aux souffrances et aux difficultés qui sont si fréquemment les leurs.
Elle proclame que tout homme est enfant de Dieu et que chacun est appelé à la conversion et à la sainteté.
+Marc Aillet,
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron,
le 18 juin 2009.
COMUNIQUE DE LA LGP BIARRITZ IMPACT 19.06.09
Le 18 juin 2009, Mgr Aillet frappait a nouveau dans un article a propos de la Gay Pride de Biarritz organisée le 20.06.09. La LGP Biarritz ne peut rester indifférente a ces propos et répond :
« Mgr Aillet,
La LGP Biarritz organise sa MARCHE DES FIERTÉS chaque année afin de rappeler que la minorité homosexuelle existe. En effet ce que vous considérez comme une infime minorité représente 10 a 15 % de la population, y compris dans notre pays basque, tant au nord qu’au sud.
Cette partie de la population est aujourd’hui victime d’un fléau qui s’appelle l’isolement, pur résultat d’une politique d’exclusion de la part notamment de votre église. Comment pouvez-vous compatir a nos souffrance lorsque vous laissez en marge de la société les personnes ayant choisi d’aimer différemment ?
L’homosexualité ne mettra jamais en péril la culture et les traditions de quelconque peuple, l’homosexualité ne mettra jamais en péril la famille, au contraire, l’homosexualité c’est de l’amour, du partage, de la fraternité, tout ce dont on a besoin pour construire une famille ou transmettre la connaissance des traditions avec une évolution certaine vers l’ouverture d’esprit, l’acceptation de la différence dans son terme le plus général.
Oui Mgr Aillet, les traditions évoluent, les femmes n’ont plus a subir la loi des hommes, les sorcières ne sont plus brulées en place publique, et les religieux ne sont plus les seuls hommes a pouvoir porter des robes.
Quand aux Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, c’est avec plaisir que nous les accueillons, parce-que si a vos yeux leurs paroles sont blasphématoires, aux nôtres ces paroles nous sont une libération, parce-que finalement, elles sont peut être le seul couvent a lutter vraiment contre les maladies sexuellement transmissibles, et a ouvrir les bras vers ces 10 a 15% de la population qui souffrent de l’homophobie, de la transphobie , du suicide et j’en passe.
Mgr Aillet, encore une fois nous vous ouvrons nos portes, venez nous rencontrer et comprendre, ne laissez pas aux portes de votre église cette minorité qui pour beaucoup partage votre religion. »
M . STEPHANY Christophe, Président de la LGP Biarritz Impact
14:14 Publié dans GAY PRIDE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Le commentaire de Gay Kosmopol en forme de lettre ouverte à Monseigneur Aillet
Monseigneur Aillet, sans doute n'avez vous pas beaucoup fréquenté les bonnes Soeurs de la Perpétuelle Indulgence pour tenir de pareils propos . Avant de juger les personnes, peut-être serait-il judicieux que vous les rencontriez dans un esprit d'ouverture et de dialogue.
Voici d'abord quelle est la raison sociale des Soeurs. Nous reprenons ici la page d'introduction du site des Soeurs du couvent de Paname, les surlignements sont de notre fait:
L'ordre des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence fut créé à San Francisco, le samedi de Pâques 1979 par un groupe de militants homosexuels. Depuis, partout dans le monde, des Couvents se sont ouverts: aux Etats-Unis, en Australie, en Amérique du Sud et en Europe, à Londres, Paris (1991), ...
Partout, les Soeurs font voeux d'aider leur communauté et la société entière, de lutter contre les exclusions, de prôner la tolérance, la non-violence et la paix, de lutter contre le SIDA en apportant leur aide charitable. Elles répandent à tout moment des messages de prévention par la promotion du sexe sans risque.
Les soeurs de la Perpétuelle Indugence se veulent visibles, outrageantes et même provocantes car elles pensent qu'il est parfois nécessaire de choquer pour faire réfléchir et changer les habitudes.
Mais elles le font toujours dans la joie et dans un esprit de fête !
Les Soeurs du Couvent de Paris ont formé les voeux suivants:
- L'Information et prévention Sida
- La Visibilité et rejet de la honte
- La Promotion de la Joie universelle
- La Tolérance et la Communication entre communautés
- La Charité
- Voeux et droit de mémoire
Pour réaliser ces voeux, les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence ont recours au happening, à l'animation théâtrale et costumée dans la rue, les lieux publics et privés. Elles redistribuent à d'autres associations (aide aux malades du sida, prévention-éducation ...) les oboles qu'elles ont recueillies. Elles proposent enfin d'apporter leur soutien à d'autres associations pour leurs manifestations ou leurs campagnes de recolte de dons.
Depuis plus de 10 ans, les folles radicales que sont les Soeurs, accueillent jusqu'à trois fois par an des personnes âgées de quelques mois à 77 ans, touchées directement ou indirectement par le VIH.
Ainsi les Soeurs pratiquent-elles avant tout des actions charitables et de prévention. Il est vrai qu'elles ont choisi la provocation pour attirer l'attention sur la misère humaine, pour récolter des fonds et pour inciter à la prévention. Il est vrai qu'il existe aussi d'autres moyens. Mais même si vous ne marquez pas votre accord sur leurs méthodes, c'est manquer de clairvoyance que de passer à côté de l'amour charitable qui les anime et de l'aide matérielle et psychologique qu'elles apportent à des personnes en profonde détresse physique et morale. Les réduire à leurs costumes et interpréter comme outrageant et blasphématoire leurs interventions publiques est singulièrement réducteur. C'est voir les paille(ttes) du costume et ignorer les poutres d'amour du prochain qu'elles ont dans leurs coeurs, et dont elles se servent pour bâtir des ponts entre les exclus et le monde des bien-portants. Monseigneur, ne jugez pas et ne soyez pas aveuglé par la brillance des costumes. Ce ne sont que des costumes, qu'elles financent de leurs deniers, et ils sont certes moins coûteux que les moires, les brocarts et les hermines dont se revêt Sa Sainteté. Si vous considériez les coeurs des Soeurs au lieu de vous indigner de leur apparence, peut-être trouveriez-vous là une arche d'alliance avec elles, puisque vous vous réclamez de la compassion. Peut-être pourriez-vous oeuvrer de concert. Monseigneur, les Soeurs ne sont pas des émincences, mais elles pratiquent éminemment la compassion. Le scandale que vous évoquez ne se trouve sans doute pas chez les soeurs mais davantage dans l'oeil du juge. Lorsque Saint François s'est publiquement dévêtu, il a fait scandale, mais nous savons tou.te.s que son intention était de se dépouiller pour se mettre tout entier dans les mains de Dieu. Lorsque les Soeurs se travestissent, elles ne font pas autre chose que d'entrer en compassion et en charité, dans la joie. Se vêtir et se dévêtir participent d'une transmutation vers davantage de coeur.
Affirmer comme vous le faites que l'église respecte éminemment les personnes homosexuelles et compatit avec sollicitude aux souffrances et aux difficultés qui sont si fréquemment les leurs n'est tout simplement pas la vérité. Les exemples en sont légion: l'église ne s'est jamais excusée des persécutions qu'elle a largement contribué à faire exercer ou a exercées elle-même à l'encontre des homosexuels; sous nos pieds, les cendres des bûchers sont encore chaudes. Et il n'est pas que le passé qui en témoigne: il suffit de lire les appels de nombreux évêques catholiques africains à leurs gouvernements qui les incitent à criminaliser l'homosexualité, il suffit d'entendre la voix du Vatican qui ne promeut pas la dépénalisation de l'homosexualité dans les pays qui la persécutent, il suffit encore de constater l'interdiction qui est faite aux homosexuels d'entrer au séminaire et de devenir prêtres. Monseigneur, votre compassion ne convainc que vous-même.L'Eglise donne hélas souvent l'impression, et particulièrement dans le chef de sa hiérarchie, que si elle disposait de davantage de pouvoir, elle se remettrait à persécuter les homosexuels.
Par ailleurs, affirmer que la Gay Pride ne rencontre l'écho que d'une infime minorité de gens, c'est là aussi ignorer l'audience populaire de ces manifestations, qui est considérable. Voyez les foules qui se pressent aux Gay Pride de Sao Paolo, de New York, de Paris, de Cologne ou de Berlin, pour ne citer que ces villes. Voyez combien les hommes politiques y sont sensibles, qui octroient des subsides pour leur organisation ou en font la promotion touristique.
Vous choisissez enfin de défendre et de promouvoir un modèle familial qui correspond de moins en moins à la réalité sociologique. La famille est aujourd'hui multiple: traditionnelle, monoparentale, recomposée, homoparentale ou parfois même tout simplement inexistante. Pour beaucoup de malades du Sida qui n'ont plus de famille, parce que celle-ci les a exclus du cercle familial, les Soeurs, les réseaux qu'elles créent et les bénévoles qui les entourent constituent leur nouvelle famille. Comment ignorer cela? Ces malades rejetés n'ont-ils pas, comme tout être humain, droit à une famille?
Comme vous l'exprimez si bien, il faut en appeler à la conversion, qui est une ouverture du coeur et une transformation vers plus d'amour du prochain, de tout prochain, y compris du prochain qui manifestera demain dans la joie de la Gay Pride.
Cordialement (avec coeur),
Gay Kosmopol
Ecrit par : Gay Kosmopol | 19.06.2009
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