21.06.2009
LE SENATEUR MAIRE DE BIARRITZ REPOND A L'EVÊQUE DE BAYONNE

Monseigneur,
Je ne peux vous cacher que j’ai eu honte à la lecture de votre lettre du 18 juin. De toute évidence, vous ignorez les lois de la République. C’est dommage.
En tant qu’homme politique, je ne me mêle jamais des affaires de l’Eglise et je vous conseille d’en faire autant, concernant les affaires de la Mairie.
Pour le reste, nous n’avons pas la même conception de la liberté, notamment d’expression et de manifestation. Il s’agit pourtant d’un droit élémentaire dans tous les pays démocratiques.
Je vous prie de croire, Monseigneur, à l’assurance de mes sentiments très distingués.
Didier Borotra, Sénateur Maire de Biarritz.
17:45 Publié dans GAY PRIDE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Monsieur le Maire
Je voudrais croire que vous, tout comme votre chef de file M. François Bayrou (père de six enfants), avez un respect profond pour la famille et les anfants. Malheureusement votre réponse à Monseigneur Aillet m'en fait douter.
Vous savez que "nul n'est sensé ignorer la loi". Et pourtant, vous, le premier magistrat de la ville de Biarritz, semblez ignorer la loi sur la protection de l'enfance du 5 mars 2007, notamment l'article L 227-24 du Code Pénal que je me permets de vous rappeler ici :
"Le fait de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit, un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement attente à la dignité humaine est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende, lorsque ce message est susceptible d'être vu par un mineur.
Lorsque les infractions prévues au présent article sont soumises par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle ou de la communication au public en ligne, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables."
Vous êtes pourtant sensé faire respecter la loi dans votre ville. Permettez-moi de douter de votre capacité d'élu à la faire respecter compte-tenu des propos déplacés et inappropriés que vous venez de proférer à l'encontre de Monseigneur Aillet.
Ceci est hautement regrettable. Il vous est toujours possible de renouer le dialogue avec Monseigneur Aillet sous de meilleurs hospices.
En l'absence d'ajustement de votre part, je me verrais donc dans l'obligation de suggérer à vos administrés et à vos conseillers de prendre en considération votre démission.
Respectuesement
Alain MICHEL
Ecrit par : MICHEL | 05.07.2009
Francois DECAUX :
Monsieur le Maire,
Votre lettre est choquante à plusieurs titres. D'abord, elle me fait honte par l'ignorance qu'elle affecte des lois de la République alors que votre mandant vous donne la mission de les faire respecter. D'autre part par le manque de respect et de considérations que vous manifester vis à vis d'une partie de la population qui a voté pour vous, ignorante probablement de votre mesestime pour elle. Enfin parce que c'est la notion même de République que vous remettez ainsi en cause au nom d'une fausse liberté d'expression qu'il ne faut pas confondre avec liberté d'offenser, de choquer et d'attenter à la dignité d'une catégorie de citoyen.
Non seulement Mgr Aillet est dans son droit - et même son devoir le plus strict en tant qu'évêque catholique - mais en plus, il vous donne l'occasion de relire les textes qui fondent notre Republique et dans lesquels, depuis la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, "la liberté consiste à pouvoir tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme, n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits; ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi" article 4.
Autrement dit, par sa lettre, Mgr Aillet permet de faire la lumière sur la régle du "deux poids deux mesures" par laquelle vous tyrannisez les principes de notre préambule à la Constitution.
N'est-on pas assuré des pires poursuites et du pire lynchage médiatique quand on ose dire tout haut ce que l'on pense - selon la liberté de conscience, de penser et d'expression - librement sur l'homosexualité sans qu'il y ait aucunement injure ? On peut ne pas être d'accord avec certains comportement et ne pas pour autant réduire cette personne à son comportement.
Pourquoi n'en est-il pas de même quand c'est l'Eglise et la catholicité qui est injuriée ? On assiste ici à rien de moins qu'une véritable dictature de la non-pensée unique qui, par l'inversion des valeurs qu'elle prône, aspire à troubler les consciences les plus fragiles et les moins formées autrement dit à s'attaquer au plus faible de la société notamment les enfants et à influencer voir manipuler les "jeunes en recherches." Le prélat a raison quand il " invite clairement au respect du droit, de la liberté religieuse et de la dignité de la personne humaine, en particulier celle des enfants, et des personnes homosexuelles elles-mêmes."
Ainsi le prélat fait preuve d'un véritable courage comme d'autres en des temps différents osaient dénoncer les crimes nazisme et du communisme alors que ses idéologies se dissaient l'avenir de l'homme ou l'historie en marche...
Faisons-nous donc l'écho autour de nous des paroles fortes de l'évêque. Une leçon de courage et de vérité telle que plusieurs évêques pourraient s'en inspirer. "La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas saisie."(prologue de St Jean ). Ici Mgr Aillet rend bien témoignage à la lumière, qu'il en soit vivement remercié.
Ecrit par : Decaux | 06.07.2009
Je suis stupéfaite de lire de tels commentaires !!! Comment peut-on assimiler la gay pride à la diffusion d'un message à caractère violent ou pornographique ou je ne sais quoi encore de plus ridicule...
Je n'ai pas vraiment suivi l'actualité, mais faire de tels amalgames ça revient à la mode ?
En tout cas, Monsieur le Maire a eu raison de remettre à sa place l'évêque, place qu'il ne devrait jamais quitter car le monde (actuel) de l'extérieur n'est visiblement pas fait pour lui...
Ecrit par : slyne | 09.09.2009
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